24 octobre 2017
Catégorie de la Session : Première session: Mot de bienvenue & Conférences inaugurales...
Résumé
La bioéthique est née il y a un demi-siècle, lorsque le philosophe Hans Jonas, le cancérologue Van Rensselaer Potter ainsi que d’autres intellectuels ont commencé à appeler à des modes de pensée nouveaux qui nous permettraient de relever toute une série de défis: la croissance fulgurante de la population humaine, l’épuisement des ressources naturelles, les risques pour la santé humaine dérivant de l’abondance et de la surconsommation, ainsi que l’émergence de nouvelles capacités technologiques. Dans un récent article, Lisa Lee estime que les bioéthiciens ont perdu de vue cette perspective, et qu’en se focalisant uniquement sur des problèmes liés à la médecine humaine ou à la pérennité environnementale, ils ont fait l’impasse sur la question de leur interconnexion. Reprenant le titre de l’ouvrage de Potter publié en 1971, Bioethics: Bridge to the Future (La bioéthique: une passerelle vers le futur), Mme Lee affirme qu’il est temps de construire une passerelle pour retourner à ce futur imaginé il y a une cinquantaine d’années. Je vais illustrer la façon dont le concept de métabolisme, qui était au cœur de l’idée que se faisait Jonas de la bioéthique, peut constituer un des piliers de cette passerelle. En comprenant la façon dont les processus vitaux accèdent à l’énergie, au niveau des organismes comme au niveau des écosystèmes, et en reconnaissant ce que ces transformations impliquent en matière d’éthique, nous pouvons comprendre à quel point les questions éthiques liées à la santé humaine sont reliées à celles de l’environnement. Et cela nous conduit à prendre conscience de l’importance centrale de l’alimentation pour la bioéthique.

